Vers courts pour longs temps (22)

Lisse est le reflet
Miroir clair du ciel
Porte secrète des profondeurs
Ne pénètre le pic sacré le domaine englouti.

Ridée est la surface
Souffle subtil du ciel
Amant libre des hauteurs
Émeut l’huis sous la caresse d’un frisson.

Invisible est l’entrée
Brume dense du ciel
Mousseline pernicieuse des langueurs
Égare le voyageur dans les bras voluptueux.

Violent est le maelstrom
Tourbillon infernal de la mer
Gueule béante vers les peurs,
Engouffre pics, souffles et voyageurs.

poème malstrom

Maelstrom

 

*****

Tombent les âmes
Sur les prairies de la patrie endolorie,

S’infiltre le sang
Par delà les strates des granits noirs,

S’épanche la goutte
Sur le visage de marbre blanc,

Sourit l’œil
Du mort, Prince de l’entre-monde,

S’entrouvrent les lèvres
Rouges, avides du souffle dernier,

Soubresaute le corps
Sous le combat du fragile renouveau,

S’anime l’imprévu
Par le rictus de la froide arrogance,

Se glace la pensée
Au souvenir de la rigide contenance,

Pointe le proscrit
Le doigt sur les rocailleuses entrailles,

S’écartent les flancs
Vers le vent de la libre résurrection,

Suinte la peur
Des assaillants vers le maître fascinant,

Rampe la stupeur
Des alliés sur la silhouette noble,

Heurte le sceptre
D’un crépitement les chairs inanimées,

Se relèvent l’armée
Sans fin sur le front épars,

Brandissent les trépassés
Les fils des lames émoussées,

Redouble la ferveur
Des coups sur le pont menacé,

Défendent les âmes
Les prairies de la patrie endolorie.

*****

Clocher sonne le glas
Râle le Maître du Ciel
A genoux tombent les paysans
Dans le champs aux chaumes ras.

Cieux grisaillent en duvet
Encercle la flèche d’un cocon
En nuée évoluent les rapaces
Dans les rafales denses de la mort.

Tombeaux grincent dans la crypte
Grimacent les Maîtres de la Terre
Dans les mains ruissellent les yeux
Des convertis au cœur infidèle.

Parjures rampent jusqu’au chœur
Crachent l’écume dans le ciboire
Des talons foulent la table drapée
Des pères et mères des fois premières.

Autel luit sous le vitrail
Luttent les Maîtres des lieux
Anciens et nouveaux heurtent la conscience
La Pierre fondatrice du culte perpétué.

Voûte croule sous les assauts
Déchire le voile du néant
De la nef coule la chaude sève
Du chêne emmuré dans l’oubli.

Chants fusent de la ronde
Illuminent les Maîtres ressuscités
« Miracles » simulent les impies
« Bienvenus » saluent les fidèles.

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Catégories : Poèmes, Vers courts pour longs temps | Étiquettes : , , , | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Vers courts pour longs temps (22)

  1. Encore de très belles créations inspirées, j’aime beaucoup
    C’est bon, cela fait du bien

    Aimé par 1 personne

  2. Belle publication ! Merci chère Niele !

    Aimé par 1 personne

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