Vers courts pour longs temps (23)

Sur le parvis du monde désespère le Messager
Devant les oreilles sourdes des geôliers de l’esprit
Se moquent les badauds blasés des sages paroles dévoilées
Qui descelle le pli cacheté trop tard délivré?
Ne sait plus écouter la musique des Maîtres
Se laisser porter par les cris venteux
Frissonner aux graves éboulements des rochers.

Entendent les grincements de la caduque pensée
Douces musiques pour âmes asséchées,
Plus belles que le chant du Scalde exercé,
Se délectent les récents parvenus.
Place n’est plus au rang premier de l’Assemblée
Serre les devins le bâton de marche usé
Derrière les rangs des réciteurs de vers fanés.

Coule des cœurs infertiles le sang clairet
Engendrent les fades mets les faibles corps
Qui peut se rassasier sans fin
De l’insipide discours des parleurs muets?
Ânonnent les belles lettres aux couleurs passées
Attendent les missives nouvelles d’être délivrées,
Aux plus simples s’adressent les divinités.

the_messenger_by_briannaangelakis-d66bobh

*****

Flocons flottent au pic des désespérés
Forme sombre scrute la crevasse aux suppliciés,
Blonde chevelure domptée aux vents glacés,
M’attend sous le manteau de peaux.

Regard de mer du Nord glace le sang
Froid poignard lacère du cœur les attentes
Teint d’albâtre séduit les rebelles récalcitrants,
Me fascine sous la capuche dissimulatrice.

Silence résonne devant la falaise sans fond
Pelisse majestueuse s’écarte avec la lenteur d’une caresse
Délicate invite à l’union des corps inexplorés
M’étreint dans une fougueuse secousse.

Attirance domine sous le drap protecteur
Délice avide presse les amants des deux mondes
Désirs interdits s’assouvissent sous les étoiles
M’aspire le dernier souffle de la vie.

Berger saisit le soupir entre les doigts
Lèvres vermeilles baisent le mince fil de soie
Le mortuaire passage ne s’ouvre pas
Me retient le guide des âmes en partance.

*****

Pétris la glaise de la paume volontaire
Artisan de la matière-mère
Sous les doigts agiles naissent les courbes
Brute douceur malléable
Terre rouge du sang ancestral,
Modèle la vie par l’idole sculptée.
L’art divin s’anime à la lumière
Par l’intermédiaire inconscient de la survivance.
Bloc inerte devient chairs voluptueuses
Parle l’argile façonnée à l’esprit simple.
Dons purs cédés à la main calleuse
Effleure le corps fragile
Appose la chaleur revigorante
Insuffle le mouvement libérateur.

Publicités
Catégories : Poèmes, Vers courts pour longs temps | Étiquettes : , | Un commentaire

Navigation des articles

Une réflexion sur “Vers courts pour longs temps (23)

  1. Merci Niele !
    Ce travail est très bon !

    Aimé par 1 personne

petits mots

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :