Jour des femmes: sous la bénédiction de Frigg et Freya

J’avais abordé succinctement le jour des femmes dans l’article sur l’équinoxe de printemps. En effet les deux fêtes se déroulent le même jour, la première découlant naturellement de la seconde, mon articles avait traité en priorité des rituels de retour des beaux jours. Mais cette année, je mets l’accent sur les femmes, peut-être tout d’abord parce que j’en suis une (oui, Niele est un prénom féminin, marre que l’on parle de moi au masculin!), et en second lieu parce qu’il est temps, que nous les femmes, nous reprenions en main notre spiritualité, notre cœur, notre corps, nos désirs (aussi bien physique que psychique) afin de vivre harmonieusement notre vie.

Ce n’est pas un hasard si le jour des femmes se fête le jour du printemps. Nos deux déesses nordiques principales sont fêtées toutes deux ce jour-là, l’une (Frigg) représente la femme mère et l’autre (Freya), la femme amante. Ces deux statuts sont bien présents en nous, à tour de rôle.

De la naissance à l’adolescence, les femmes de ma génération (années 70) ont encore grandit dans l’idée (inculquée par leurs mères), que le but d’une vie de femme était de travailler, certes, mais de trouver un mari et de lui faire des enfants. Le mariage était un passage plus ou moins indispensable pour fonder une famille et en plus avec l’homme de son choix (youpi).
Si la notion d’amour entre l’homme et la femme était vaguement expliqué par la mère (ce qui laissait libre court aux idées romantiques : nous avons tous rêvé du prince charmant, bien oui, l’homme de sa vie ne pouvait être que parfait), la notion de désir physique quant à lui est resté totalement sous silence !
On nous a bien enseigné le désir d’être mère, d’autant plus facile à assouvir qu’il était dorénavant sous contrôle grâce aux méthodes contraceptives. Mais ce rôle ne devait plus monopoliser trop notre attention car le mari et le travail ne pouvaient pas attendre, eux!

De l’adolescence à la période de jeune femme, fortes de nos savoirs en la matière (quasiment nuls mais ça nous ne le comprenons plus ou moins vite, je dois dire que je n’ai pas été spécialement rapide à le comprendre), nous nous lancions à l’assaut de l’amoureux idéal qu’il fallait trouver assez vite. Assez vite, car il était de mauvais goût de trop tester (surtout pour une fille)!
L’amour, nous y croyons plus que tout, nous le voyons même là où il n’est pas ! Le désir passe par le désir du partenaire, il faut lui faire plaisir pour qu’il nous aime. Nous apprenons à mettre notre désir de côté, nous verrons plus tard. De toute façon, nous ne savons pas ce qui peut nous faire plaisir, notre corps ne nous est pas encore connu. Nous nous rendons compte inconsciemment de notre manque de connaissance sur nous même, là, on ne nous a rien enseigné, le néant le plus total.

Passons à l’âge adulte, au moment de fonder un foyer, c’est à dire de trouver l’Amour et de faire des enfants, l’option célibat est envisageable mais mal perçu par l’entourage (« la célibataire a forcément une grosse tare qui l’empêche de trouver un compagnon sinon elle serait en couple, non? » Elle est vue comme laissée de côté par la gente masculine, voire lesbienne. Il n’est même pas envisageable que ce soit un choix personnel).
C’est le moment donc de s’engager avec un homme (oui parce qu’avec une femme, c’est mal vu également, mais ça c’est une autre histoire), la famille fait un peu pression, « Il serait temps que tu te cases si tu veux faire des enfants », « Alors toujours célibataire ! », « Ma fille, j’aimerais bien être grand mère un jour ! » ! Nous avons déjà en vue celui qui sera le compagnon et père de vos enfants, nous nous aimons, c’est le moment de concrétiser cette relation.
Ce n’est pas toujours comme cela que les choses se passent, il nous arrive de prendre pour compagnon un homme que nous croyons aimer dans l’urgence de la situation, par manque de réflexion (le temps passe, les copines sont casées et puis on aimerait bien faire des enfants aussi). Il est gentil, pas trop mal foutu, il sera un bon père, ça ira.
Voilà ça y est, nous nous sommes engagées avec un homme pour un bon bout de temps, si nous voulons changer d’avis, il faudra se séparer, divorcer, le service après vente, il n’y en a pas. C’est le bonheur quand le compagnon correspond à nos rêves de femmes, l’ennui dans le cas contraire.
Les enfants arrivent dans le foyer. C’est une joie d’être mère, non, non, n’en profitons pas trop tout de même, le patron s’impatiente, le mari aussi : « Moi aussi, je suis là, il n’y en a plus que pour les enfants, tu n’es plus une femme, tu es une mère, vivement que tu coupes le cordon ! ». Nous capitulons devant la majorité : le patron a besoin de sa secrétaire, le mari a besoin d’une maîtresse et la nounou a besoin d’enfants à garder.
Le temps a passé, nous ne nous sommes toujours pas approprié notre corps, il appartient à notre compagnon, à nos enfants que nous avons porté. Nos désirs ? Quels désirs ? Par envie de bien faire et pour satisfaire les envies des autres, nous avons oublié que nous en avions aussi.

On est pas très heureuse, ça viendra. On ne s’épanouit pas en temps qu’amante, qu’importe. On a laissé nos enfants tous petits grandir avec une inconnue, c’est pas si grave. Votre compagnon a une maîtresse, grand bien lui fasse.

On se réveille ensuite à l’âge mûr, on fait le bilan.
Avez vous fait le bilan ? Pas besoin d’attendre l’âge mûr !
Êtes vous heureuse, êtes vous épanouie, en tant que femme, en tant que mère, en tant que maîtresse, en tant que compagne, dans votre vie de couple?

Il sert aussi à ça le jour des femmes, à mettre ses pendules à l’heure, Frigg connaît les tracas de mères que l’on ne laisse pas entièrement assumer leur instinct maternel, Freya connaît la difficulté de se vivre pleinement femme dans notre monde contemporain où il est difficile d’aller jusqu’au bout de ses désirs dans son couple ou en dehors sans s’attirer les foudres de son partenaires et du quand dira-t-on .

C’est donc le jour où cela est permis, un jour où l’on peut remettre en question les règles établies et d’en parler avec son compagnon, ses filles aussi, sa mère pourquoi pas ? Dans la religion nordisante, la femme est l’égale de son compagnon, leurs désirs sont égaux, le désir de l’un n’a pas plus ou moins d’importance que celui de l’autre. L’expérience en dehors du couple est permise (à condition que cela ne nuise pas au bon fonctionnement du couple-fondateur de la famille). C’est un bon jour pour tester cela !

couple 2

Farewell
par jankolas, http://www.deviantart.com/art/Farewell-338556070

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Catégories : je ne dis pas que des bêtises...enfin je l'espère | Étiquettes : , , | 14 Commentaires

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14 réflexions sur “Jour des femmes: sous la bénédiction de Frigg et Freya

  1. Louve

    Tous les articles de ce site sont enrichissants mais celui-ci m’a parlé comme s’il m’était adressé personnellement. Merci Niele pour cette ode à la liberté et à la femme entière !

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ce gentil commentaire!
      En tant que femme, nous avons un grand pouvoir, que l’on nous a caché, car il ne faut pas se leurrer: les hommes ont besoin de nous, mais en pleine possession et conscience de ce que nous sommes! Nous avons le pouvoir de dire: « je veux et je vais avoir » et nous n’utilisons que le: » je désirerais si vous le voulez ».

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  2. Pardonnez moi..
    J’ai mal lu ou vos deux commentateurs/trices n’ont pas lu votre texte ??

    Les commentaires sont présentement hors sujets.
    C’est surement mon côté prof qui ressort, mais là ça m’agace.

    Votre post est surtout un coup de gueule, je pense, et une réaction à un profond laisser aller de la part de ces dames sur leur image et surtout les droits qu’elles ont.
    Je suis chrétien et monothéiste, et ne suis pas fier de ce que ma foi a pu amener comme perte de droits pour les femmes.
    Alors si dans votre foi il existe un jour où les femmes ont encore plus le droit que d’ordinaire d’ouvrir leur bouche, leur coeur et leur esprit : BRAVO !

    Aimé par 2 people

    • Je vous remercie Pierre pour ce commentaire qui me remonte un peu.
      Les plus enthousiastes envers cet publication ont été des hommes ce qui prouvent qu’ils sont prêts à nous donner notre place mais les femmes quant à elles préfèrent rester en retrait.
      Je ne peux pas m’étendre davantage ici sur l’amertume contenu dans les commentaires…

      Aimé par 2 people

      • C’est dommage quand même !
        C’est d’abord aux femmes de se mobiliser, et de prendre leur place!

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        • Tout à fait d’accord, Mais les femmes actrices de leur vie ne se plaignent pas car elles obtiennent la place qu’elles souhaitent quant aux autres, elles attendent une intervention extérieure…Et gémissent qu’ on ne leur donne pas. Et puis on écrit pour dénoncer, mais on obtient des reproches.
          Je pense que mon texte a mal été interprété, mal compris ou prétexte à des critiques plus personnelles.

          Aimé par 2 people

  3. françoise

    Je ne suis pas sûre que le jour de la femme sert à faire une mise au point, remettre les pendules à l’heure…
    Si l’on est pas sûre d’aimer l’autre, si l’autre ne nous aime pas comme nous le désirons, pourquoi attendre?
    Certes, les décisions sont parfois difficiles à prendre, mais aux diable le conditionnement!
    Si nous laissons parler nos cœurs, si nous sommes à l’écoute de ce que nous voulons vraiment, alors l’autre sera là pour nous transporter tout nous serons là pour le transporter.
    Trouver un homme parce qu’on nous met la pression, faire des enfants parce que c’est la logique des choses! Mais où est l’Amour dans tout cela?
    Non, il n’y a pas de jour précis pour faire le point!

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    • Dans le cas présent il s’agit d’un jour particulièrement dédié aux femmes, celui où leurs déesses sont spécifiquement honorées.

      S’il n’y a en effet pas de jour pour faire le point sur sa vie ou sa relation (que l’on soit homme ou femme, d’ailleurs) il est bon d’avoir des moments « repères  » pour reflechir et se dire « est-ce vraiment ce que je veux ? »

      Aimé par 1 personne

    • Je n’ai pas aucunement dit que c’était LE jour pour faire le point dans sa vie, mais que c’est UN jour symbolique pour le faire si on ne l’a jamais fait. Beaucoup de femmes prises par le tourbillon de la vie n’ont jamais pris le temps de réfléchir à ce qu’elles désirent vraiment et même si le couple va bien et qu’elles y sont heureuses, il y a toujours des désirs inassouvis ou des expériences que l’on voudrait tenter.
      Toi tu as surement fait le point mais je m’adresse aux autres qui elles sont prises dans le carcan famille, société et crois moi c’est encore une grande majorité.
      Mon but n’est pas de faire prendre conscience de ces difficultés d’être femme à celles qui en ont déjà conscience mais aux autres qui se disent que ça ira bien parce qu’elles n’ont que comme modèle la femme qui n’exprime pas ses envies.
      Une femme qui a envie de faire le point n’attendra certainement pas mon article pour le faire, je ne suis pas prétentieuse à ce point là!

      Aimé par 1 personne

  4. Bonjour.
    Vous faites référence au mari et au compagnon comme s’il s’agissait d’une donnée naturelle, qui arrive dans la vie de toutes les femmes… Il n’y a pas de lesbienne dans la tradition nordisante?

    Bonne continuation!

    Aimé par 2 people

    • Bonjour,
      J’ai écrit cet article en m’inspirant de mon expérience personnelle avant tout et de manière tout à fait naturelle j’ai omis de parler des compagnes féminines. J’ai parlé des relations hommes-femmes que je connais bien et qui vous en conviendrez sont les plus courantes, les relations femmes-femmes me sont méconnues. Il est difficile de parler de relations qu’on ne connait pas.
      Mais votre commentaire m’a interpellé. Ce serait un bon sujet à aborder pour un prochain article!
      Il y a bien des lesbiennes et des homosexuels dans la tradition nordisante, même les dieux ont eu des expériences homosexuelles. Mais vous connaissez les nordisants, cela ne se dit pas et est passé sous silence car cela ne fait pas viril! Et malgré tout ce que l’on peut dire c’est encore tabou dans notre religion encore ancrée dans une conception du couple très traditionnelle (chrétienne).
      Ce n’est vraiment pas dans le but donc de nier l’homosexualité que je n’en ai pas parlé.
      J’ai une section témoignage sur le blog, si le cœur vous en dit, vous pourriez nous écrire quelque chose sur la journée des femmes dans une relation lesbienne, qu’en pensez vous?

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    • Cela me fait penser que dans le roman « Le viking qui voulait épouser la fille de soie », il est question de l’homosexualité masculine. L’auteure fait vivre deux de ses personnages en couple sous le même toit. Je pense que l’auteure ne s’est pas hasardée a en parler sans avoir eu des sources. Donc je pense que cela était admis à cette époque. Quant à l’homosexualité féminine, je pense donc qu’elle était admise aussi, enfin personnellement ça ne me choque pas.

      Aimé par 1 personne

      • Merci pour votre réponse!
        Je suis hétérosexuelle, mais je suis très sensibilisée aux causes LGBT-queers, et je suis païenne en même temps… Ce qui ne rend pas toujours les choses faciles, car les représentations de couples divins sont souvent très binaires, ainsi que les représentations des relations vu comme « naturelles » dans les vies des humains.

        Du coup il peut m’arriver d’être un peu abrupte, mais je suis contente de constater qu’ici il s’agissait visiblement d’un impensé… et pas d’une volonté consciente de ne présenter que l’hétérosexualité comme normale – ce qui peut malheureusement arriver ailleurs.
        Du coup je m’excuse sincèrement pour le ton un peu sec de mon commentaire, en espérant qu’il n’a pas été blessant!

        Je pense qu’il y a beaucoup de chemin à faire (et dans toutes les traditions païennes!) pour élaborer des modèles pleinement inclusifs et épanouissants pour tout le monde.
        Je ne dis pas que c’est spécifiquement à vous de le faire d’ailleurs, j’espère simplement que les choses se feront petit à petit dans les décennies à venir!

        Merci en tout cas pour votre travail et pour votre attention à mon commentaire! Passez une bonne journée!

        Aimé par 1 personne

    • De même que l’on trouve des lesbiennes ou des gays chez les juifs, les musulmans, les chrétiens, les taoïstes et les papous, il y en a bien entendu chez les nordisants.

      N’en déplaise aux mâles amateurs de vikings en casque à corne, il y a toujours eu de l’homosexualité dabs tous les peuples et chez les adeptes nordisants c’est le cas.
      Les anciennes traditions et les Eddas gardent les traces des expériences des dieux dans ce domaine, reflets des expériences des humains.

      Si vous vivez une homosexualité féminine tout en étant dans cette foi, racontez nous ! C’est vraiment intéressant !

      Aimé par 1 personne

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