Au bord de ma fontaine

Je vous présente une nouvelle gentiment « prêtée » par Sandra, administratrice du blog « Nouvelles en Vrac » et de la page Facebook du même nom (Nouvelles en Vrac). Passionnée depuis toujours par l’écriture, Sandra propose sur son blog une multitude de nouvelles dont les thèmes sont aussi variés que nombreux. J’avoue avoir un petit faible pour les sujets mythologiques, pour les personnages féériques ou mystérieux, les ambiances magiques avec une touche contemporaine. Je vous invite donc à lire « Au bord de ma Fontaine », une histoire du Petit Peuple peut être pas aussi irréelle que ça!!!

Il y a toujours eu, au fond du jardin de ma grand-mère, une vieille fontaine en pierre. L’eau qui en coulait venait directement de la montagne selon ses dires. Enfant, je m’y trempais les pieds même si l’onde était glacée : en été c’était un vrai délice ! J’aimais cet endroit, j’y étais attaché comme s’il s’agissait d’une personne. D’ailleurs, au bord de la fontaine, je ne me sentais jamais seul.
Inexplicablement, j’avais l’impression d’être entouré de monde. J’imaginais des silhouettes qui se mouvaient dans l’ombre des arbres et je croyais entendre des rires portés par le vent. Ma grand-mère souriait lorsque je parlais de mes compagnons invisibles. Elle croyait comme moi, à leur existence. Pour elle, la nature était peuplée d’êtres plus ou moins féériques, auxquels elle laissait souvent des offrandes : gâteaux au miel, bols de lait, poignées de noix…
Je l’imitais, à cette différence près, que mon offrande faite, je me tapissais dans un coin et je guettais la venue des lutins, farfadets et autres kobolds… Inutile de dire que je n’en ai jamais surpris aucun ! Ils étaient bien trop malins et rapides pour ça !
L’école, la vie, l’âge adulte auraient pu m’arracher toutes mes croyances… Il n’en fut rien ! Lorsque j’héritai de la maison de ma grand mère, je continuai à distribuer des cadeaux aux créatures invisibles, le petit peuple, comme on les appelle. J’en mettais surtout autour de la fontaine, me disant qu’ainsi, ils auraient à boire et à manger.
Rien ne m’empêcha jamais de me livrer à mes petits rituels, pas même la vieillesse… Mais l’heure vint pour moi de quitter ce monde. J’étais usé, fatigué, plus rien ne me retenait. Le printemps était revenu, mais je savais d’ores et déjà que je ne verrais pas l’été. Un soir, sentant que ma vue s’obscurcissait et que mes forces déclinaient, je clopinai jusqu’à la fontaine.
J’étais là, ma dernière offrande à la main : une corbeille de fruits secs. Je m’assis au bord de la fontaine, le souffle court, les oreilles bourdonnantes. Je partais doucement. Je posai la corbeille pour ne pas la renverser et j’attendis que la mort arrive. C’était le meilleur endroit pour achever ma vie. Je m’y sentais toujours aussi bien… C’est alors qu’on me fit un merveilleux cadeau. Je les vis, je les vis vraiment ! Ils étaient là, tous autours de moi, un sourire un peu triste sur leurs minuscules visages. J’entendis leurs voix qui me murmuraient des adieux, je sentis leurs caresses sur mes mains, leurs baisers sur mes joues et sur mon front. J’en pleurai de joie avant de clore mes paupières en quittant paisiblement l’existence…

Pour lire le texte original ou laisser un commentaire à l’auteure: Au bord de ma fontaine

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