Vers courts pour longs Temps (35)

Trois Nornes sur une âme
Jetèrent leur dévolu
A l’aube d’une naissance
A la source d’une vie…
Leurs chauds baisers accompagnèrent
La cruelle peine
De la séparation soudaine.
Destin s’accomplit
Du ciel à la terre
Du sommeil au réveil.
Veillèrent les belles fées
Sur l’enfant nouveau:
Sans répit luttèrent
A l’accomplissement écrit,
Frappèrent l’ennemi du rayon
Nul ne déviera de sa course
Le lumineux descendant des Dieux.

*****

Aux branches de ma terre
Je voue un culte volontaire…
Aux mêmes racines profondes
Nos rivières prennent source.
De sa sève verte je me délecte
Quand il s’abreuve de mon sang vermeil:
Frère et sœur de vie,
Unies dans la mort,
Gravée est ma tendre écorce
Tatouée est sa dure peau
Des communes runes de l’Abondant.

Sur l’un le mal lancé
Éveille la colère de l’autre:
De toute la justice s’abat
Tantôt rapide, tantôt tardive,
Nos défaites nous vengeons,
Par l’eau déferlante,
La terre dévorante,
Le feu dévorant,
L’air asphyxiant,
La lumière pénètre nos cœurs
Dans un astral tourbillon
Les cycles des saisons nous chevauchons
Sous le soleil ou la lune,
Veillons ou dormons.

Sur le pacte de chair et de bois
Nos âmes doubles échangeons,
Différentes expressions d’une nature semblable,
Végétales, animales, subtils états
Des consciences mélangées.
Dans son pale aubier je voyage
Dans les mondes défaits
Par mes yeux fanés il pleure
Sur les promesses piétinées.
Nos noms s’inscrivent mêlés
Au bas de l’écorce consacrée
Symboliques saignées,
Serments jurés…
Jusqu’à la nuit des temps
Nos destins sont scellés.

*****

Parmi les racines ancrées
Monte un vieux chant enjoué :
Sur les tables frappent les gobelets,
Sur la pierre claquent les pieds.
« Là-haut, entendez le cri du à nouveau-né ».

Les hautes étoiles brillent vaillamment,
Montrent le pas à la Lune sûrement :
La fête bat son plein temps
Pour le retour du bel enfant.
« En bas, entendons la voix assurément ! »

Quel chahut dans les buissons !
Les arbres frissonnent d’émotion,
Une rumeur court avec adoration :
« Il est revenu, libéré de sa prison,
Oh, Balder, ta lumière nous célébrons. »

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