Le gui, plante sacrée

Il sera bientôt revenu le temps du gui ! Cette plante fascinante et intrigante à haute valeur symbolique a depuis les âges ancestraux été vénérée. Son développement morphologique et biologique très particulier a contribué à la rendre hors norme, entre le magique et le sacré.

Déposées sur les arbres par les oiseaux (grives, sittelles, mésanges, fauvettes…), la graine collante du gui (d’où son nom latin : viscum album, glu blanche) germe au printemps. Contrairement à d’autre plante, la plantule du gui pousse en sens inverse de la lumière et développe un cône de fixation.
Le gui n’a pas de racines terrestres, il vit exclusivement en hauteur sur son arbre hôte, il est dit parasite puisqu’il croit en ponctionnant dans la sève de l’arbre l’eau et les sels minéraux indispensables, mais il continue à assurer sa propre photosynthèse. C’est à l’aide de son cône de fixation, devenu suçoir qui s’infiltre sous l’écorce de l’arbre jusqu’au bois vivant, que le gui va ponctionner son hôte grâce à un système de pompage et d’ancrage très dense.
Au printemps suivant seulement, les premières feuilles apparaissent, au deuxièment printemps, des tiges poussent à l’aisselle des deux feuilles tombées et supportent elles aussi deux feuilles et ainsi de suite jusqu’à la quatrième ou cinquième année où des fleurs se forment. Ces feuilles tombent une à une, c’est pourquoi on le voit toujours vert.
Les fleurs poussent en mars/avril par groupe de trois au niveau des nœuds entre les feuilles.
Les baies naissent sur les fleurs fécondées, vertes en été, elles deviennent blanches et translucides en hiver. La couleur blanche des baies de gui est unique. Ces baies sont soit mangées par les gros oiseaux dont le tube digestif digère la pulpe pour n’évacuer que les graines soit par dépulpage par les plus petits oiseaux qui ne peuvent pas avaler les baies en entier et qui consiste à retirer les graines de baie pour les coller sur une branche pendant que la chair des baies est consommée en petits morceaux.

Cette explication un peu longue sur la formation du gui permet de comprendre toute la symbolique mystique de la plante dans la tradition nordique. L’unique mythe où il tient le rôle central, mais quel mythe, est celui de la mort de Balder. On explique facilement le choix du gui dans cet événement qu’est la disparition du Dieu (je ne dis pas mort volontairement) : il incarne la lumière dans la nuit de l’hiver, le seul qui se nourrisse de l’obscurité pour donner ses plus belles baies au solstice d’hiver. Aucune saison n’a d’emprise sur lui, il est toujours bien beau et vert, jamais il ne meurt. Il s’accroche au plus profond de l’arbre pour en tirer la substance nutritive, comme la lumière se nourrit de l’être pour en extraire le meilleur, n’est-ce pas là le rôle de Balder lui-même, mettre en avant le plus beau en nous, ce que l’on cache dans notre écorce pour le faire réapparaitre à la surface ?
Car effectivement Balder est le gui… ce qui donne une autre dimension au mythe et à son interprétation habituellement assez peu subtile.

Les druides l’appelaient « la plante qui guérit tout », son rayon d’action est en effet très large en interne comme en externe, mais elle est à manipuler avec précaution toutefois, car elle est extrêmement toxique.

gui

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Ivresses poétiques (3)

Pluie de saison

Le glas annonce
L’arrivée des ombres
Un coup de semonce
Dans l’air sombre.
L’automne bruine ses feuilles mortes.

*****

Magie lunaire

L’astre féminin
Plus haut resplendit
Longuement s ‘alanguit
Sur le ciel sibyllin.
La saison aux devineresses appartient.

*****

Lever de voile

Dans sa robe azur
Se drape le mystère
Un souffle éphémère
Soulève l’armure.
Sur le fil se révèle l’inconnu.

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Premiers givres

A mi-chemin entre l’automne et l’hiver, la nature perd peu à peu les attributs de l’un pour endosser ceux de l’autre. L’or, le rouge et le brun des feuillages laissent place au blanc des premières gelées.
La rosée pare les feuilles perpétuelles de dentelle de givre et de longues traines de tulle fin. Un petit air de fête dont se réjouit le soleil qui ne tarde pas à dénuder les boutons de rose.

Beaucoup de joie à vous tous!

 

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Au nom du viking de Régis Boyer avec Jean-Noël Robert

Régis Boyer, auteur, traducteur, professeur… au-delà de l’homme de savoir, cet ouvrage nous amène à la rencontre de Régis Boyer, l’homme de passion. Une passion dévorante pour les pays du nord et leur culture.

Après une courte présentation de Régis Boyer par Jean-Noel Robert, latiniste et historien de Rome, le scandinaviste résume lui-même dans la première partie sa vie de ses jeunes années jusqu’à l’heure de sa retraite, sa découverte et son émerveillement pour les pays du nord. De la Pologne où il rencontre sa femme, jusqu’à la Suède en passant par l’Islande, son chemin est semé de rencontres fortuites et de hasards surprenants, mais il croira plus dans le Destin que dans les coïncidences ! Au fil du temps, le lien avec la civilisation nordique se fait de plus en plus fort et profond : il étudie et traduit des sagas, de la poésie islandaise, des auteurs classiques aussi bien norvégiens, suédois qu’islandais. De retour à Paris, il met en place tout le système universitaire d’études scandinaves (DEUG, licence, maîtrise, DEA…). Son objectif premier est de diffuser ses connaissances et la culture scandinave, il ne cessera jamais par la suite d’enseigner, tel était sa vocation et son désir.
Les parties suivantes sont consacrées aux entretiens, je dirai presque « causeries » entre Régis Boyer et Jean-Noël Robert, les titres sont assez explicites : « De la lumière du Nord », « Les Vikings », « Pour l’amour des sagas » et « L’actualité du Nord », représentent assez bien les grands axes d’études et de passion de Boyer. On bascule une fois de plus dans un bouillonnement de savoir, d’exaltation de connaissances. On se trouve pris au piège de cet enthousiasme. On apprend ou on redécouvre les bases d’une civilisation et de peuples mal connus, on se retrouve dans une initiation passionnante, source de vocation.

Si l’on pouvait résumer qui a été Régis Boyer, je crois que ce « Au nom du Viking » l’a fait avec une grande authenticité, à l’image des Hommes du Nord, il est un découvreur, un passeur de mémoire, il a permis de transmettre à notre génération tout un savoir du passé, une culture étonnante.

Pour en savoir plus: Au nom du viking

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Au nom du viking de Régis Boyer avec Jean-Noël Robert

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Vers courts pour longs temps (34)

Quelle merveille la bouteille:
Un peu de bonheur en liqueur !
Vite on la vide jusqu’à en devenir livide
Et l’on pleure le trop plein de malheur
Puis on la remplit d’un mot sous pli
D’un brin de misère que l’on jette à la mer…

*****

J’ai marché dans les pas
Une ombre sur l’horizon,
Un murmure dans un frisson,
Suis-je le souffle moribond
Qui expire dans le crépuscule ?

Tiens ma main, jeune éclat
Un saule dans le tourment,
Une vague sur la grève,
Es tu le funambule inconscient
Qui oscille sur le fil détendu ?

Je perds le cap du Nord
Un désarroi sur la note,
Un soupir dans le silence,
Sommes nous à ce point à la dérive
Qu’il faille tout abandonner ?

Je jette par-dessus bord
Une encre dans le courant,
Un filet sur l’écume,
Comprenez-vous enfin
Qu’il est un temps pour nous recueillir ?

*****

Sur la tombe de l’amant
Danse la Dame
Sous la pluie cuivrée
Des gouttes sylvaines.
L’or pare la pierre humide
De vif sang répandu
S’épand dans la terre agonisante.
Dans une rage aveugle
Se jette la belle aimée
Dans l’humus sanguinolent
Visage enfoui appelle:
Un cri déchirant brise
La quiétude des mourants.
L’amour pur voyage
Par le chant funèbre de la Völva.

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Ivresses poétiques (2)

Morale d’un autre temps

Une Norne au-dessus d’un berceau
Agitait un fil d’argent,
L’enfant le saisit vivement !
Il ne faut jamais attendre le lendemain
Pour prendre en main son destin !

*****

Prophétie solitaire

« J’ai sur mon front la marque d’un démon…
Dans mon corps repose un dieu mort… »
Qui croit ainsi aux prophéties,
Aux symboliques poésies non aux frénétiques hérésies ?
Profanes vents effacent les traces des temps sacrés.

*****

Danse macabre

Attise le chant de l’arbre,
La folie du vent joliment ivre
Sur le bras souple de la branche vibre:
L’harmonieux couple aux ébats se livre.
A terre gît le cadavre exquis.

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Le garçon qui voulait être un Être Humain de Jørn Riel

Qui ne connait pas le danois Jørn Riel et ses racontars pleins d’humour ? On connait moins ses romans : ici un jeune viking quitte son Islande natale pour venger son père et débarque accidentellement en terre groenlandaise. À la suite du naufrage, deux enfants inuits le prennent en main et lui inculque les rudiments du quotidien dans leur famille. Séduit par le mode de vie du peuple inuit, il devient un membre à part entière de la famille de Apuluk et de Narua. Bien des péripéties s’ensuivent sur fond de banquise et de voyages.

On retrouve ici deux mondes, deux civilisations qui s’opposent : celle des Êtres Humains (peuple inuit) et celle des vikings christianisés (peuple norvégien). Si Jørn Riel maitrise sa connaissance du Groenland et de ses habitants, il trébuche beaucoup sur les vikings : Thorstein n’aurait certainement pas épargné Leiv venu le tuer pour venger son père ! De plus, les inuits étaient très bien considérés par les norrois, craints même car très portés sur la magie et ses mystères. Je garde en tête que nous avons affaire avec un roman, mais j’aime malgré tout la cohérence !
Le fond et la forme sont assez simples, un peu décevants quand on a lu Le jour avant le lendemain, du même auteur, roman riche et profond, plus réaliste de la vie dans le grand nord. Une écriture un peu trop basique et une histoire sans véritable recherche approfondie laisse Le garçon qui voulait être un Être Humain bien loin derrière les racontars également.
Les intentions données aux personnages me choquent un peu, les gentils gagnent et les méchants perdent, tous en répandant le sang : les premiers ont une bonne raison (ce n’est pas de la vengeance mais une libération des mauvais esprits qui les possèdent), les autres non (l’appât du gain et du sang) ! Les gentils doivent l’être à tout prix et les méchants aussi quitte à en faire des personnages stéréotypés.

Un roman qui m’a déçue, je retourne de ce pas aux racontars…

Pour en savoir plus: Le garçon qui voulait être un Être Humain

etre humain

Jørn Riel, Le garçon qui voulait devenir un Être Humain

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Utilisation des plantes: B.A. BA des préparations (partie 1)

Dans notre quotidien, les plantes offrent un panel non négligeable d’utilisations (médicales, cosmétiques…) et une alternative satisfaisante aux produits de synthèse. La volonté de se tourner vers le naturel est là, mais des obstacles se dressent rapidement devant notre manque de connaissance et de savoir faire : comment s’y prendre et comment utiliser les plantes aussi simplement que possible ?
Faisons le point sur les diverses préparations à notre disposition, certaines vous paraitront familières d’autres moins.

Préparations simples

1. Plante en poudre

La poudre doit être aussi fine que possible pour libérer ses principes actifs.
Les poudres de plantes se conservent 3 à 4 mois dans un récipient hermétique en verre teinté.

2. Suc de la plante

La plante est réduite en purée avec un presse-fruits, on filtre la pulpe obtenue dans une étamine pour en extraire le suc. Sur plantes fraiches ou cuites.
Les plantes broyées sont utilisées dans l’instant.

3. Plante chaude

La plante est chauffée pendant 2 mn et pressée pour en extraire le liquide.
Les plantes chaudes sont utilisées dans les instants qui suivent.

Préparations aqueuses

4. L’infusion

Sûrement la plus ancienne et la plus simple utilisation des plantes. Elle se fait à partir des parties « tendres » de la plante : feuilles, fleurs, bourgeons… lesquelles sont mises à tremper dans l’eau bouillante pendant 5 à 10 mn (hors feu) et sont ensuite retirées.
Les infusions sont conservées au frais et doivent être consommées le jour même.

5. La décoction

Pour extraire les principes actifs des parties un peu plus résistantes des plantes (racines, écorces, tiges, baies…), il faut une méthode un peu plus énergique. La plante sèche ou fraiche doit être coupée en petits morceaux. Elle est mise dans une casserole d’eau froide et portée à ébullition puis laissée frémir pendant 20 à 30 mn jusqu’à réduction d’un tiers. On filtre ensuite.
Les décoctions peuvent se conserver jusqu’à 48 heures, au frais, dans un récipient fermé.

6. La macération

Pratiquée sur certaines plantes dont les principes actifs se dégradent à la chaleur, elle consiste à laisser macérer une nuit les plantes dans de l’eau. On filtre ensuite.
Les macérations peuvent se conserver jusqu’à 48 heures, au frais, dans un récipient fermé.

Préparations aqueuses et graisseuses

7. La crème

A base à la fois d’eau et de matières grasses en émulsion, elle permet, contrairement à onguent, une pénétration dans l’épiderme. On fait fondre au bain-marie la cire, on ajoute de la glycérine, de l’eau et la plante sans cesser de remuer, il faut laisser frémir 3 heures. On filtre puis on remue doucement sans s’arrêter jusqu’à refroidissement et épaississement. Avec une spatule, on remplit ensuite les pots que l’on visse.
Les crèmes se conservent jusqu’à 3 mois au réfrigérateur, dans des pots en verre teinté, stérilisés et hermétiques.

Préparations huileuses

8. L’Huile médicinale (*)

L’eau est ici remplacée par de l’huile végétale de qualité (tournesol, olive ou autre). La plante hachée et l’huile sont mises à chauffer au bain-marie, dès que la préparation frémit, il faut couvrir et laisser frémir pendant 2 à 3 heures, puis laisser refroidir et filtrer au-dessus d’un bocal avec une étamine, bien presser le contenu de l’étamine.
On peut également préparer l’huile médicinale à froid en faisant macérer la plante avec l’huile pendant plusieurs semaines dans un bocal non teinté. La lumière permet la libération des principes actifs de la plante. Le bocal rempli (mettre en premier les plantes ensuite l’huile) est fermé puis secoué. On l’entrepose dans un endroit ensoleillé pendant les 2 à 6 semaines suivantes. Ensuite le contenu est filtré avec une étamine dans un bocal en pressant bien l’étamine pour extraire tout le liquide.
Les huiles médicinales se conservent un an dans une bouteille stérile teintée fermée hermétiquement.

9. L’onguent

À base d’huile ou de tout autre corps gras, on y ajoute de la plante coupée finement. Il pénètre très peu dans l’épiderme. On fait fondre de l’huile végétale, de la vaseline ou de la cire au bain-marie, la plante y est ajoutée en fins morceaux. On laisse frémir 15 mn en remuant. Le mélange doit être filtré dans une étamine au-dessus d’un bocal, bien presser l’étamine. On les verse ensuite dans des pots quand il est encore liquide afin qu’il se solidifie ensuite à l’intérieur. On remet le couvercle sans trop serrer, on ne visse qu’après totalement durcissement.
La texture des onguents dépend de la matière grasse utilisée : crémeux à base de cire ou solide à base d’huile.
Les onguents se conservent 3 mois dans des pots en verres teintés, stérilisés et bien fermés.

Préparations alcooliques

10. La teinture

La plante macère ici dans l’alcool ce qui permet aux substances actives de se dissoudre facilement ce qui rend la préparation bien plus efficace que les préparations aqueuses. Il convient de choisir un alcool « naturel » comme la vodka ou tout alcool à 60 % Vol ou rhum et de laisser de côté l’alcool industriel dénaturé (méthylique) ou à 90 % Vol (isopropylique).
On place la plante dans un bocal en verre que l’on recouvre d’alcool. On ferme puis agite le bocal que l’on stocke dans un endroit frais et sombre pendant plusieurs jours (10 à 14 jours). Le bocal doit être agité tous les deux jours au moins. À l’aide d’un sac en tulle ou nylon, filtrer le contenu du bocal au-dessus d’un récipient en pressant bien le sac.
Les teintures se conservent 2 ans dans une bouteille stérile en verre teinté dans un endroit frais et sombre.

11. Le vin

Dans un récipient en verre ou céramique muni d’un robinet à la base (de préférence), on y place les plantes que l’on recouvre de vin rouge ou blanc (elles ne doivent pas être au contact de l’air par risque de moisissure) puis on referme bien. On agite le tout. Le vin doit se faire pendant 2 semaines, puis presser et filtrer.
Les vins se conservent de 3 à 4 mois au frais, dans une bouteille stérile.

(*) Les huiles médicinales ne sont pas des huiles essentielles

Mises en garde : Renseignez-vous sur les plantes à utiliser quelle que soit la préparation que vous utilisez : certaines plantes ou parties de plantes peuvent être toxiques, allergènes, certaines ne conviennent pas aux femmes enceintes, aux enfants, aux personnes âgées ou aux animaux. D’autres peuvent être contre-indiquées en cas de prise de médicaments conventionnels, encore une fois renseignez-vous !
Tous les récipients de stockage doivent être préalablement stérilisés afin d’assurer une plus longue conservation des préparations.
Il convient de respecter les dosages consciencieusement.

L’article suivant vous présentera d’autres préparations issues de celles-ci ainsi que leurs actions …

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Décoction

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Vers courts pour longs temps (33)

Au puits des artifices s’évanouit mon image
Aucun souvenir de ma trace ne surnage
Le temps me sème dans son labyrinthe.
Jusqu’à la fosse mes larmes serpentent:
Désormais personne ne se penche
Sur mon miroir aux âmes blanches.

Insignifiante forme invisible dans les pensées,
Dans les reflets méprisée:
Aux autres forces dominantes
Les prières demeurent puissantes.
A la délaissée reste l’abandon,
Une mort sans renom.

Je suis là
Dans les houleux tracas
D’une vie trahie
Par l’oubli.
Je fus
Et ne suis plus.

*****

Quand la lame tranche
La goutte tombe.
Quand la rune tombe
Le destin tranche…

La rame sous la lune
Heurte la mer calme
Rompt à l’amarre l’âme
Dérive entre les dunes…

*****

J’ai laissé la plume à l’oiseau
Les mots s’en sont allés
Hauts dans le bec des corbeaux.
Père entend les poèmes déclamés
Lourds de sens cachés.

J’ai laissé la branche au bouleau
Les runes ont reposé
Froides dans les frimas hivernaux.
Yggdrasil parle dans mes pensées
Première lodt dressée.

J’ai laissé les pierres au ruisseau
Les trolls se sont cachés
Silencieux sous le végétal fardeau.
Midgard tombe dans l’obscurité
Dans la fosse creusée.

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Les Sagas islandaises de Régis Boyer

Vous avez envie de vous lancer dans la lecture des sagas islandaises mais vous ne savez pas par où commencer, ni à quoi vous en tenir ? Réalités, créations, vérités historiques ou fictions médiévales ?

Régis Boyer vous guide à travers la Norvège et l’Islande, à la rencontre des sagnamenn qui ont fait de la littérature islandaise médiévale la littérature la plus élaborée de son temps.
Entre histoire et étude de style, cet ouvrage remonte aux prémices, tradition orale, poésie scaldique pour s’intéresser ensuite à la naissance de cet art et à son évolution. Régis Boyer met en place une classification des sagas selon le thème traité et la période d’écriture.
On peut admirer la rigueur de l’auteur dans son souci de précision : encore une fois les données sont nombreuses et ne peuvent être toutes retenues à la première lecture. Les exemples et extraits sont nombreux et permettent de se faire une idée globale sur les contenus des sagas, ce qui permet de faire sa liste personnelle, de définir son propre angle de lecture.
Un chapitre sur Snorri Sturluson très complet est à noter : cet auteur (entre autre des Eddas) est un des personnages les plus importants de la littérature islandaise médiévale dont il ne faut pas oublier les œuvres telles que la Saga d’Egill Skallagrimson, l’Edda (en prose), la Saga de saint Olaf…
Un autre chapitre tout aussi intéressant traite de la place de la religion nordique ancienne dans les sagas et de la fiabilité de ces narrations.
La saga est un genre littéraire unique, très élaboré, avec des règles d’écriture et des thèmes précis. Elle est le témoin d’une société scandinave où le destin et l’honneur tiennent une place de choix.

Je vous présente ce livre comme celui à lire avant tout « plongeon » dans le monde des sagas : il vous éclairera sur le choix de vos lectures avec ses extraits et vous permettra de les situer dans le temps les unes par rapport aux autres,  et par thèmes (Sagas royales, contemporaines, antiques…). Il éclaire aussi sur la conduite à tenir face aux informations disséminées dans les textes afin de les juger à leur juste valeur, pour la plupart artistique.

D’autres critiques sur les Sagas islandaises de Régis Boyer

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Sagas islandaises de Régis Boyer

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Ivresses poétiques (1)

Soupçon elfique

Une branche folle s’agite au vent,
Aucun souffle ne court pourtant…
Un elfe léger disparait en un écueil,
Sur le chemin effacé vibrent les feuilles…
Une caresse délaissée au monde des vivants…

*****

Pèche aux vers

J’ai bu à la source dans ma paume courbée
Les vers fuyants sous les galets.
Une corne davantage aurait convenu
À la capture de ce langage sacré,
Mais à la chasse, je suis peu habituée…

*****

Tailleuse de Merveilles

Du bois divin de l’arbre malin
Un gobelet fut creusé:
Un sacrifice donné par l’édifice sacré,
Profonde écuelle recueillit le fécond hydromel.
De l’ambre un scalde scande le sacre…

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Les Vikings de Régis Boyer

Si vous vous intéressez aux vikings et à leur impact sur le monde européen, il vous faut lire ce livre-ci ! « Les Vikings » est composé de deux parties distinctes : l’une consacrée à l’histoire et l’autre à la civilisation viking. Le livre se restreint évidement à la période des raids et à la société viking exclusivement, c’est-à-dire à l’extérieur de leurs pays d’attache (en situation d’implantation), le sujet n’est pas l’histoire et la vie quotidienne dans les pays scandinaves.

Comme toujours avec Régis Boyer, le contenu est dense, très intense en informations. L’ouvrage est donc très complet et précis dans ses informations. Il convient certainement de prendre des notes sur les personnages, les lieux et les dates afin de pouvoir suivre aisément le déroulement des événements ou de relire plusieurs fois certains passages. Le sérieux des sources tient dans leur nombre, leur origine diverse et leur étude objective et emplie de bon sens. Il en sort une mise au point radicale sur le mythe viking !
En mettant au placard l’influence romantique du XIXe siècle au sujet de ces hommes aventureux, Régis Boyer met à bas les préjugés, fausses idées mises en avant également par les textes médiévaux. N’en déplaisent à beaucoup, il remet sur pied ces commerçants transformés uniquement en guerriers sanguinaires, transforme les barbares en hommes férus de connaissances (navigation, artisanat, art…) avec leurs qualités et aussi leurs défauts.

Un peu obscur par instant, il reste quand même abordable pour débuter. Je le conseille comme première approche au monde viking.

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Les Vikings, Régis Boyer

Pour en lire plus: Les Vikings, Régis Boyer

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Vers courts pour longs temps (32)

Il n’est de pires instants
Que ceux où l’on tombe,
Où l’on sent l’impitoyable lame
Transpercer la fragile cuirasse.
Sur le champ de bataille
La terre s’ouvre en un puits profond.

Les jours sont comptés
Quand on les disperse
Dans de hasardeuses aventures,
Sur la houleuse mer des saisons,
Il faut naviguer sans détours
Pour gagner les anneaux de la gloire.

Habileté, hardiesse et vivacité
S’épuisent en combats vains, en pensées pauvres
Quand plus armé vient pousser le destin
Il est tard pour tenter un nouvel assaut.
Vite la place se prend au médiocre chef
Il n’est plus temps de faire éclat.

*****

À l’Yggdrasil
Pendu, par le pied retenu
À la liane
Tendue, balance l’Attendu.
Père observe
Perché sur le Bois déifié
À l’Yggdrasil
Maintenu, l’Apprenti reconnu.

À la Source
Glacée, de la main lacérée
Par l’onde
Acérée, s’offre l’Initié.
Flux coule
Pressé, dans le sang versé
Par la source
Déchainée, l’Élève est consacré.

Par le Serpent
Plessé, le corps traversé
Dans le courant
Malmené, hurle l’Invité.
Douleur s’épand
Féconde, dans la sève abonde
Par le Serpent
Dressé, la force du sacrifié.

*****

J’ai parcouru l’onde des temps,
Croisai bien souvent
Sans que le courant ne se rompe
De tranchants écueils
De volontaires naufrages.

J’ai échoué dans la conquête
De terres fertiles,
De pays asservis
Sous le joug de sombres despotes.

Maints fois l’ennemi tenta de ternir
L’étincelle du ciel nordique
Étoile de nos nocturnes navigations.

Fidèle à mon cap
J’ai navigué sur les flots des cycles
Sans une fois renier le fier nom.

Il disparut pourtant
Dans la caverne béante
Sous le grand tourbillon des remous
Oublié des légendes anciennes.

Balancée par les vagues du destin
J’ai heurté le bas-fond sacré
Y attendait le dieu blanc
Porteur de lumière pure,
Passager clandestin en mal de vie.

Sur le maigre rafiot
De la voile à la coque
Craquent les os corrompus,
Supplient les âmes perdues
Sur notre monde en péril.

Lui tenant la barre
Sur les eaux déchainées,
Moi écopant de la coupe
Les deux mains serrées,
En chœur chantons encore
La prière du Père des Mers,
Le refrain au Père des Morts.

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Au revoir Régis Boyer…

On ne peut s’intéresser aux pays du nord et à leur histoire sans évoquer le nom de Régis Boyer. C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris son décès la semaine passée.

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Vers courts pour longs temps (31)

Une plante dans un pot
Une âme dans une peau
Déracinées… de leurs plaines sauvages
Se meurent loin de la vie.

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