Ivresses poétiques (2)

Morale d’un autre temps

Une Norne au-dessus d’un berceau
Agitait un fil d’argent,
L’enfant le saisit vivement !
Il ne faut jamais attendre le lendemain
Pour prendre en main son destin !

*****

Prophétie solitaire

« J’ai sur mon front la marque d’un démon…
Dans mon corps repose un dieu mort… »
Qui croit ainsi aux prophéties,
Aux symboliques poésies non aux frénétiques hérésies ?
Profanes vents effacent les traces des temps sacrés.

*****

Danse macabre

Attise le chant de l’arbre,
La folie du vent joliment ivre
Sur le bras souple de la branche vibre:
L’harmonieux couple aux ébats se livre.
A terre gît le cadavre exquis.

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Le garçon qui voulait être un Être Humain de Jørn Riel

Qui ne connait pas le danois Jørn Riel et ses racontars pleins d’humour ? On connait moins ses romans : ici un jeune viking quitte son Islande natale pour venger son père et débarque accidentellement en terre groenlandaise. À la suite du naufrage, deux enfants inuits le prennent en main et lui inculque les rudiments du quotidien dans leur famille. Séduit par le mode de vie du peuple inuit, il devient un membre à part entière de la famille de Apuluk et de Narua. Bien des péripéties s’ensuivent sur fond de banquise et de voyages.

On retrouve ici deux mondes, deux civilisations qui s’opposent : celle des Êtres Humains (peuple inuit) et celle des vikings christianisés (peuple norvégien). Si Jørn Riel maitrise sa connaissance du Groenland et de ses habitants, il trébuche beaucoup sur les vikings : Thorstein n’aurait certainement pas épargné Leiv venu le tuer pour venger son père ! De plus, les inuits étaient très bien considérés par les norrois, craints même car très portés sur la magie et ses mystères. Je garde en tête que nous avons affaire avec un roman, mais j’aime malgré tout la cohérence !
Le fond et la forme sont assez simples, un peu décevants quand on a lu Le jour avant le lendemain, du même auteur, roman riche et profond, plus réaliste de la vie dans le grand nord. Une écriture un peu trop basique et une histoire sans véritable recherche approfondie laisse Le garçon qui voulait être un Être Humain bien loin derrière les racontars également.
Les intentions données aux personnages me choquent un peu, les gentils gagnent et les méchants perdent, tous en répandant le sang : les premiers ont une bonne raison (ce n’est pas de la vengeance mais une libération des mauvais esprits qui les possèdent), les autres non (l’appât du gain et du sang) ! Les gentils doivent l’être à tout prix et les méchants aussi quitte à en faire des personnages stéréotypés.

Un roman qui m’a déçue, je retourne de ce pas aux racontars…

Pour en savoir plus: Le garçon qui voulait être un Être Humain

etre humain

Jørn Riel, Le garçon qui voulait devenir un Être Humain

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Utilisation des plantes: B.A. BA des préparations (partie 1)

Dans notre quotidien, les plantes offrent un panel non négligeable d’utilisations (médicales, cosmétiques…) et une alternative satisfaisante aux produits de synthèse. La volonté de se tourner vers le naturel est là, mais des obstacles se dressent rapidement devant notre manque de connaissance et de savoir faire : comment s’y prendre et comment utiliser les plantes aussi simplement que possible ?
Faisons le point sur les diverses préparations à notre disposition, certaines vous paraitront familières d’autres moins.

Préparations simples

1. Plante en poudre

La poudre doit être aussi fine que possible pour libérer ses principes actifs.
Les poudres de plantes se conservent 3 à 4 mois dans un récipient hermétique en verre teinté.

2. Suc de la plante

La plante est réduite en purée avec un presse-fruits, on filtre la pulpe obtenue dans une étamine pour en extraire le suc. Sur plantes fraiches ou cuites.
Les plantes broyées sont utilisées dans l’instant.

3. Plante chaude

La plante est chauffée pendant 2 mn et pressée pour en extraire le liquide.
Les plantes chaudes sont utilisées dans les instants qui suivent.

Préparations aqueuses

4. L’infusion

Sûrement la plus ancienne et la plus simple utilisation des plantes. Elle se fait à partir des parties « tendres » de la plante : feuilles, fleurs, bourgeons… lesquelles sont mises à tremper dans l’eau bouillante pendant 5 à 10 mn (hors feu) et sont ensuite retirées.
Les infusions sont conservées au frais et doivent être consommées le jour même.

5. La décoction

Pour extraire les principes actifs des parties un peu plus résistantes des plantes (racines, écorces, tiges, baies…), il faut une méthode un peu plus énergique. La plante sèche ou fraiche doit être coupée en petits morceaux. Elle est mise dans une casserole d’eau froide et portée à ébullition puis laissée frémir pendant 20 à 30 mn jusqu’à réduction d’un tiers. On filtre ensuite.
Les décoctions peuvent se conserver jusqu’à 48 heures, au frais, dans un récipient fermé.

6. La macération

Pratiquée sur certaines plantes dont les principes actifs se dégradent à la chaleur, elle consiste à laisser macérer une nuit les plantes dans de l’eau. On filtre ensuite.
Les macérations peuvent se conserver jusqu’à 48 heures, au frais, dans un récipient fermé.

Préparations aqueuses et graisseuses

7. La crème

A base à la fois d’eau et de matières grasses en émulsion, elle permet, contrairement à onguent, une pénétration dans l’épiderme. On fait fondre au bain-marie la cire, on ajoute de la glycérine, de l’eau et la plante sans cesser de remuer, il faut laisser frémir 3 heures. On filtre puis on remue doucement sans s’arrêter jusqu’à refroidissement et épaississement. Avec une spatule, on remplit ensuite les pots que l’on visse.
Les crèmes se conservent jusqu’à 3 mois au réfrigérateur, dans des pots en verre teinté, stérilisés et hermétiques.

Préparations huileuses

8. L’Huile médicinale (*)

L’eau est ici remplacée par de l’huile végétale de qualité (tournesol, olive ou autre). La plante hachée et l’huile sont mises à chauffer au bain-marie, dès que la préparation frémit, il faut couvrir et laisser frémir pendant 2 à 3 heures, puis laisser refroidir et filtrer au-dessus d’un bocal avec une étamine, bien presser le contenu de l’étamine.
On peut également préparer l’huile médicinale à froid en faisant macérer la plante avec l’huile pendant plusieurs semaines dans un bocal non teinté. La lumière permet la libération des principes actifs de la plante. Le bocal rempli (mettre en premier les plantes ensuite l’huile) est fermé puis secoué. On l’entrepose dans un endroit ensoleillé pendant les 2 à 6 semaines suivantes. Ensuite le contenu est filtré avec une étamine dans un bocal en pressant bien l’étamine pour extraire tout le liquide.
Les huiles médicinales se conservent un an dans une bouteille stérile teintée fermée hermétiquement.

9. L’onguent

À base d’huile ou de tout autre corps gras, on y ajoute de la plante coupée finement. Il pénètre très peu dans l’épiderme. On fait fondre de l’huile végétale, de la vaseline ou de la cire au bain-marie, la plante y est ajoutée en fins morceaux. On laisse frémir 15 mn en remuant. Le mélange doit être filtré dans une étamine au-dessus d’un bocal, bien presser l’étamine. On les verse ensuite dans des pots quand il est encore liquide afin qu’il se solidifie ensuite à l’intérieur. On remet le couvercle sans trop serrer, on ne visse qu’après totalement durcissement.
La texture des onguents dépend de la matière grasse utilisée : crémeux à base de cire ou solide à base d’huile.
Les onguents se conservent 3 mois dans des pots en verres teintés, stérilisés et bien fermés.

Préparations alcooliques

10. La teinture

La plante macère ici dans l’alcool ce qui permet aux substances actives de se dissoudre facilement ce qui rend la préparation bien plus efficace que les préparations aqueuses. Il convient de choisir un alcool « naturel » comme la vodka ou tout alcool à 60 % Vol ou rhum et de laisser de côté l’alcool industriel dénaturé (méthylique) ou à 90 % Vol (isopropylique).
On place la plante dans un bocal en verre que l’on recouvre d’alcool. On ferme puis agite le bocal que l’on stocke dans un endroit frais et sombre pendant plusieurs jours (10 à 14 jours). Le bocal doit être agité tous les deux jours au moins. À l’aide d’un sac en tulle ou nylon, filtrer le contenu du bocal au-dessus d’un récipient en pressant bien le sac.
Les teintures se conservent 2 ans dans une bouteille stérile en verre teinté dans un endroit frais et sombre.

11. Le vin

Dans un récipient en verre ou céramique muni d’un robinet à la base (de préférence), on y place les plantes que l’on recouvre de vin rouge ou blanc (elles ne doivent pas être au contact de l’air par risque de moisissure) puis on referme bien. On agite le tout. Le vin doit se faire pendant 2 semaines, puis presser et filtrer.
Les vins se conservent de 3 à 4 mois au frais, dans une bouteille stérile.

(*) Les huiles médicinales ne sont pas des huiles essentielles

Mises en garde : Renseignez-vous sur les plantes à utiliser quelle que soit la préparation que vous utilisez : certaines plantes ou parties de plantes peuvent être toxiques, allergènes, certaines ne conviennent pas aux femmes enceintes, aux enfants, aux personnes âgées ou aux animaux. D’autres peuvent être contre-indiquées en cas de prise de médicaments conventionnels, encore une fois renseignez-vous !
Tous les récipients de stockage doivent être préalablement stérilisés afin d’assurer une plus longue conservation des préparations.
Il convient de respecter les dosages consciencieusement.

L’article suivant vous présentera d’autres préparations issues de celles-ci ainsi que leurs actions …

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Décoction

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Vers courts pour longs temps (33)

Au puits des artifices s’évanouit mon image
Aucun souvenir de ma trace ne surnage
Le temps me sème dans son labyrinthe.
Jusqu’à la fosse mes larmes serpentent:
Désormais personne ne se penche
Sur mon miroir aux âmes blanches.

Insignifiante forme invisible dans les pensées,
Dans les reflets méprisée:
Aux autres forces dominantes
Les prières demeurent puissantes.
A la délaissée reste l’abandon,
Une mort sans renom.

Je suis là
Dans les houleux tracas
D’une vie trahie
Par l’oubli.
Je fus
Et ne suis plus.

*****

Quand la lame tranche
La goutte tombe.
Quand la rune tombe
Le destin tranche…

La rame sous la lune
Heurte la mer calme
Rompt à l’amarre l’âme
Dérive entre les dunes…

*****

J’ai laissé la plume à l’oiseau
Les mots s’en sont allés
Hauts dans le bec des corbeaux.
Père entend les poèmes déclamés
Lourds de sens cachés.

J’ai laissé la branche au bouleau
Les runes ont reposé
Froides dans les frimas hivernaux.
Yggdrasil parle dans mes pensées
Première lodt dressée.

J’ai laissé les pierres au ruisseau
Les trolls se sont cachés
Silencieux sous le végétal fardeau.
Midgard tombe dans l’obscurité
Dans la fosse creusée.

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Les Sagas islandaises de Régis Boyer

Vous avez envie de vous lancer dans la lecture des sagas islandaises mais vous ne savez pas par où commencer, ni à quoi vous en tenir ? Réalités, créations, vérités historiques ou fictions médiévales ?

Régis Boyer vous guide à travers la Norvège et l’Islande, à la rencontre des sagnamenn qui ont fait de la littérature islandaise médiévale la littérature la plus élaborée de son temps.
Entre histoire et étude de style, cet ouvrage remonte aux prémices, tradition orale, poésie scaldique pour s’intéresser ensuite à la naissance de cet art et à son évolution. Régis Boyer met en place une classification des sagas selon le thème traité et la période d’écriture.
On peut admirer la rigueur de l’auteur dans son souci de précision : encore une fois les données sont nombreuses et ne peuvent être toutes retenues à la première lecture. Les exemples et extraits sont nombreux et permettent de se faire une idée globale sur les contenus des sagas, ce qui permet de faire sa liste personnelle, de définir son propre angle de lecture.
Un chapitre sur Snorri Sturluson très complet est à noter : cet auteur (entre autre des Eddas) est un des personnages les plus importants de la littérature islandaise médiévale dont il ne faut pas oublier les œuvres telles que la Saga d’Egill Skallagrimson, l’Edda (en prose), la Saga de saint Olaf…
Un autre chapitre tout aussi intéressant traite de la place de la religion nordique ancienne dans les sagas et de la fiabilité de ces narrations.
La saga est un genre littéraire unique, très élaboré, avec des règles d’écriture et des thèmes précis. Elle est le témoin d’une société scandinave où le destin et l’honneur tiennent une place de choix.

Je vous présente ce livre comme celui à lire avant tout « plongeon » dans le monde des sagas : il vous éclairera sur le choix de vos lectures avec ses extraits et vous permettra de les situer dans le temps les unes par rapport aux autres,  et par thèmes (Sagas royales, contemporaines, antiques…). Il éclaire aussi sur la conduite à tenir face aux informations disséminées dans les textes afin de les juger à leur juste valeur, pour la plupart artistique.

D’autres critiques sur les Sagas islandaises de Régis Boyer

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Sagas islandaises de Régis Boyer

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Ivresses poétiques (1)

Soupçon elfique

Une branche folle s’agite au vent,
Aucun souffle ne court pourtant…
Un elfe léger disparait en un écueil,
Sur le chemin effacé vibrent les feuilles…
Une caresse délaissée au monde des vivants…

*****

Pèche aux vers

J’ai bu à la source dans ma paume courbée
Les vers fuyants sous les galets.
Une corne davantage aurait convenu
À la capture de ce langage sacré,
Mais à la chasse, je suis peu habituée…

*****

Tailleuse de Merveilles

Du bois divin de l’arbre malin
Un gobelet fut creusé:
Un sacrifice donné par l’édifice sacré,
Profonde écuelle recueillit le fécond hydromel.
De l’ambre un scalde scande le sacre…

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Les Vikings de Régis Boyer

Si vous vous intéressez aux vikings et à leur impact sur le monde européen, il vous faut lire ce livre-ci ! « Les Vikings » est composé de deux parties distinctes : l’une consacrée à l’histoire et l’autre à la civilisation viking. Le livre se restreint évidement à la période des raids et à la société viking exclusivement, c’est-à-dire à l’extérieur de leurs pays d’attache (en situation d’implantation), le sujet n’est pas l’histoire et la vie quotidienne dans les pays scandinaves.

Comme toujours avec Régis Boyer, le contenu est dense, très intense en informations. L’ouvrage est donc très complet et précis dans ses informations. Il convient certainement de prendre des notes sur les personnages, les lieux et les dates afin de pouvoir suivre aisément le déroulement des événements ou de relire plusieurs fois certains passages. Le sérieux des sources tient dans leur nombre, leur origine diverse et leur étude objective et emplie de bon sens. Il en sort une mise au point radicale sur le mythe viking !
En mettant au placard l’influence romantique du XIXe siècle au sujet de ces hommes aventureux, Régis Boyer met à bas les préjugés, fausses idées mises en avant également par les textes médiévaux. N’en déplaisent à beaucoup, il remet sur pied ces commerçants transformés uniquement en guerriers sanguinaires, transforme les barbares en hommes férus de connaissances (navigation, artisanat, art…) avec leurs qualités et aussi leurs défauts.

Un peu obscur par instant, il reste quand même abordable pour débuter. Je le conseille comme première approche au monde viking.

les vikings

Les Vikings, Régis Boyer

Pour en lire plus: Les Vikings, Régis Boyer

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Vers courts pour longs temps (32)

Il n’est de pires instants
Que ceux où l’on tombe,
Où l’on sent l’impitoyable lame
Transpercer la fragile cuirasse.
Sur le champ de bataille
La terre s’ouvre en un puits profond.

Les jours sont comptés
Quand on les disperse
Dans de hasardeuses aventures,
Sur la houleuse mer des saisons,
Il faut naviguer sans détours
Pour gagner les anneaux de la gloire.

Habileté, hardiesse et vivacité
S’épuisent en combats vains, en pensées pauvres
Quand plus armé vient pousser le destin
Il est tard pour tenter un nouvel assaut.
Vite la place se prend au médiocre chef
Il n’est plus temps de faire éclat.

*****

À l’Yggdrasil
Pendu, par le pied retenu
À la liane
Tendue, balance l’Attendu.
Père observe
Perché sur le Bois déifié
À l’Yggdrasil
Maintenu, l’Apprenti reconnu.

À la Source
Glacée, de la main lacérée
Par l’onde
Acérée, s’offre l’Initié.
Flux coule
Pressé, dans le sang versé
Par la source
Déchainée, l’Élève est consacré.

Par le Serpent
Plessé, le corps traversé
Dans le courant
Malmené, hurle l’Invité.
Douleur s’épand
Féconde, dans la sève abonde
Par le Serpent
Dressé, la force du sacrifié.

*****

J’ai parcouru l’onde des temps,
Croisai bien souvent
Sans que le courant ne se rompe
De tranchants écueils
De volontaires naufrages.

J’ai échoué dans la conquête
De terres fertiles,
De pays asservis
Sous le joug de sombres despotes.

Maints fois l’ennemi tenta de ternir
L’étincelle du ciel nordique
Étoile de nos nocturnes navigations.

Fidèle à mon cap
J’ai navigué sur les flots des cycles
Sans une fois renier le fier nom.

Il disparut pourtant
Dans la caverne béante
Sous le grand tourbillon des remous
Oublié des légendes anciennes.

Balancée par les vagues du destin
J’ai heurté le bas-fond sacré
Y attendait le dieu blanc
Porteur de lumière pure,
Passager clandestin en mal de vie.

Sur le maigre rafiot
De la voile à la coque
Craquent les os corrompus,
Supplient les âmes perdues
Sur notre monde en péril.

Lui tenant la barre
Sur les eaux déchainées,
Moi écopant de la coupe
Les deux mains serrées,
En chœur chantons encore
La prière du Père des Mers,
Le refrain au Père des Morts.

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Au revoir Régis Boyer…

On ne peut s’intéresser aux pays du nord et à leur histoire sans évoquer le nom de Régis Boyer. C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris son décès la semaine passée.

Je pense ne pas mentir en avançant qu’il était le plus grand spécialiste français de la culture nordique. Nous lui devons d’innombrables traductions aussi bien de sagas que de romans modernes (de K. Hamsun, G Gunnarsson…), des écrits traitants des arts scandinaves (littérature ou poésie), ainsi que de très bons livres de vulgarisation sur l’histoire scandinave et la période viking en particulier.
Il faut se souvenir de lui comme d’un homme passionné, désireux de combattre les idées fausses, fantasmées et très persistantes qui ont été véhiculées au fil des siècles sur les peuples scandinaves et qui continuent à être allègrement diffusées.

Un grand merci à lui pour tout le savoir dont il nous a fait bénéficier au cours de ses quatre dernières décennies, pour toute cette culture nordique qu’il nous a rendu accessible par ses traductions. Merci pour cet immense travail, ces heures passées à nous faire partager sa passion. Merci pour nous l’avoir transmise et avoir suscité des vocations parmi ses lecteurs.
« Puisse Odin vous recevoir, vous démontrer que nous ne sommes bien vivants au-delà de simples croyances ou superstitions, que vous voyez à quel point, nous aussi, nous sommes passionnés par ces gens du nord, fiers de leur histoire, de leurs racines, de leurs dieux… Ce n’est pas la fin, juste un voyage vers ce que vous n’avez pas eu le temps de découvrir… je ne vous dis pas au revoir, mais à bientôt… ».

Je vous mets en lien l’article wikipedia sur Régis Boyer qui vous présente une bonne bibliographie thématique. Personnellement je vous conseille Les Vikings, Yggdrasill, Le Monde du Double.

Une courte biographie de Régis Boyer sur le site BiblioMonde.


 

 

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Vers courts pour longs temps (31)

Une plante dans un pot
Une âme dans une peau
Déracinées… de leurs plaines sauvages
Se meurent loin de la vie.

Des rivières coulent
De l’une à l’autre
Assèchent la blanche
Dessèchent la rouge.

Dans les prisons de terres modelées,
Artificielles demeures,
Fausses existences,
Sang et sève se figent.

Heures comptées
Sous la lumière diffuse
À l’abri des pluies
Horizon est entravé de factices forêts.

Un étroit balcon,
Un paysage condamné
Dans un monde immense retiennent
Prisonnières des Hommes fous.

Femme Fleur devine au loin
Sous la tente les anciens
Chantant devant le feu
LA Fin des temps…

*****

Un pied sur la planche :
Derrière l’ombre de la voile,
Ferme et rassurante,
Devant le scintillement des vagues,

Instable et incertain.
Un insoumis au bord du saut
Ferme les yeux aveugles
Aux cris de l’équipage,
À l’appel du goéland,
Au gouffre gris de l’océan.

Une main du fond de l’abîme
Harpe les cordes de mort
Des eaux froides du nord,
« Terre, terre » crie l’oiseau argenté
Devant l’île escarpée.

Une renaissance du dernier souffle
Apportée en offrande de bienvenue
À la mer la croix tombe
Là où les hommes tuent la foi
Et les Dieux redonnent l’espoir.

*****

Au ciel sombre
Dansent les Hommes Morts
Une folle farandole sur la Rivière Étoilée.
Mes aïeux m’invitent
Dans le vent irisé des trépassés.

Sursaute une timide lueur
Par-dessus le marécage vaporeux
Sur la surface glauque valse une flamme ondoyante
Follet fantôme virevolte langoureusement
Devant le passage interdit.

Dans l’onde morte
Les gardiens tourbillonnent gracieusement
Libérés des chaînes des eaux putrides
Sacrifiés aux Dieux
Abandonnés par leurs frères.

Dans les entrailles profondes
Dansent les Hommes Morts
Une folle farandole sur la rivière diamantée
Mes aïeux m’appellent
Dans les tourments diaprés des condamnés.

Choient les Honorés
S’élèvent les Reniés
Au milieu du reflet troublé
S’enchevêtrent les âmes disparues
Mon voyage ne fait que commencer.

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Vers courts pour longs temps (30)

Des quatre vents l’écho rebondit
Hurlements appellent les mâles féroces
À la meute s’allient les solitaires errants,
Maître des loups est sorti de sa tanière.

Sauvages âmes insoumises à la loi des hommes
Arrachent leurs hardes étriquées
Libèrent leur hargne étouffée
Sous leur pelage gris de mort.

Horde sanglante sort des tombeaux lutés
Oubliée sous les gravats des saines illusions,
Enchainée à la lourde dalle de la frayeur,
Fenrir grogne aux pieds de son père.

Hument le vent guerriers de la terre
Fils du feu recouvre sa voix altérée
Tremblent les traitres crapuleux
Rouge sang éclabousse le firmament.

*****

Longtemps j’ai marché
Vers toi Étoile du Monde
Vers tes Ourses ai levé mes yeux
Élan a couru plusieurs lunes
Avant que mon animal ne s’envole…
Au Seida ai donné le sang,
Le mien, beaucoup
Avant de comprendre
Où flottaient mes pieds.
Pilier du Monde élève
Ciel au-dessus de ma tête
Grimper le long du tronc
Est le chemin vers le renne sauvage.

La peau il faut enlever
Pour s’en recouvrir
Les bois il faut arracher
Pour s’en alourdir
Le chamane chante
Le chasseur frappe
Approcher l’un
Échapper à l’autre
Quand la voix éveille
Le tambour endort
Aux deux se fier
Si l’on est homme
À aucun si l’on est renne.
Prendre le risque de ne jamais revenir…

*****

Esprit m’habite
Renne court dans mon sang
Qui suis-je ?

Enfant cherche
Dans le cri des rues
Appelez-moi!

Familles chantent
Dans les étendues désertes
Je ne sais plus…

Maisons de peaux brûlent
Dans mes souvenirs confus
Où êtes vous ?

Soleil et Lune brillent
Moins haut dans mes yeux
Je ne comprends plus.

Les étoiles m’attirent
Sur leur chevelure ébouriffée
Est-ce possible ?

Les spectres dansent
Sur les nuages vaporeux
Qui puis-je ?

Le bouleau me parle
De son langage sylvain
Je perds la raison…

Le renard joue
Avec le fouet du vent
Qui peut me croire ?

Partez donc de mon jardin,
Retournez maintenant dans vos terres,
Ici-bas la mort emporte les merveilles…

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Les trognes, l’arbre paysan aux mille usages de Dominique Mansion

En tant que percheronne, je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce livre!
Dans mon enfance, elles bordaient les haies des prés, fournissaient du fourrage aux animaux, du bois de chauffages aux hommes, des cachettes aux enfants dans leur tronc ou des cabanes dans leurs branches, ah ces chères trognes faisaient partie intégrantes de notre paysage campagnard. Vous souvenez vous d’en avoir vu dans la cour de votre école ou devant la mairie ou l’église? Mais oui bien sûr!
Qu’est ce qu’une trogne vous demandez vous? C’est un arbre taillé régulièrement à même hauteur, soit on coupe les branches du sommet, soit celles poussant sur le tronc. Peut être les connaissez vous sous le nom de ragosses, arbres têtard, têtiaux, carabognes…?

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Vers courts pour longs temps (29)

Oh petite pousse
Sur le toit du monde.
Tes racines s’ancrent dans la mousse
Sans jamais atteindre la montagne.
Tes feuilles voudraient toucher les nuages.
Roche si profonde, pluie si haute,
Entre les deux, ta tige s’allonge,
Au gré du vent tourmentant.

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Sur le tertre, une femme attend…

Sombre compagne s’en vient
Son voile noir à la main,
Déjà ses doigts forts
Agrippent mon bras lourd.
Je n’ai que trop couru
Après d’illusoires trésors,
Je n’ai que trop combattu
De fantomatiques corps.

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Recueil et écueils…

Un peu moins présente en ce moment sur le net, je vous donne quelques nouvelles. Je me concentre actuellement sur l’écriture de mon recueil de poésie commencé depuis maintenant deux ans et demi. J’avoue qu’au début, je n’avais pas envisagé d’entamer un tel projet, la grande aventure était de composer des poèmes satisfaisants (enfin pour moi).

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